BzZz... BzZz... un moustique tourne en rond au dessus de ton lit. Aprés plusieurs efforts, tes yeux s'ouvrent enfin. Tu tournes la tête, le réveil affiche 9h56. Réveil plus que tardif. La journée commence bien, tu ne seras jamais à ce fameux rendez-vous que tu attends depuis deux semaines pris avec un employeur pour 10h, à moins d'appeller Samy Naceri, mais hélas son numéro ne figure pas dans ton répertoire, puis de toutes façons, à cette heure là, il doit être en train de décuver dans les rues de Marseille... Enervé, tu hésites entre ces deux possibilitées qui s'offrent à toi, soit tu te rendors en te disant que c'est trop tard, soit tu préviens l'employeur de ton retard afin de repousser le rendez-vous. Aprés avoir entendu plusieurs fois "Tu dois aller à ce rendez-vous, tu dois aller à ce rendez-vous... tu as besoin de ce job !" résonner dans ta tête, tu optes pour la deuxième possiblitée. C'est le jour de bonté de ce cher monsieur, il te pardonnes, le prochain rendez-vous est fixé à 11h. Il est 10h18, aprés avoir fait ta toilette matinale, tu te diriges vers la cuisine, ouvre le placard, prends ton paquet de Kellogs© habituel, et en le posant sur la table, t'aperçois qu'il est vide. Depuis ta plus tendre enfance, tous les matins tu manges des Kellogs, et tu ne peux t'en passer. Ce n'est pas parce qu'un paquet est vide que tu vas te laisser abattre. D'un pas décidé, tu fonces chez ton marchand de journaux. Aprés avoir demandé au vendeur ton paquet de Chocapic©, sa tête te fais comprendre que tu n'es pas au bon endroit... Tu oublies la politesse et sans perdre une seule seconde tu cours en direction du Leader Price© le plus prés. Dans la rue, les passants te prennent pour Maurice Greene, mais pas le temps de signer des autographes. Peu aprés, te voilà enfin devant le magasin, aucunes voitures sur le parking, personne ne rentre, personne ne sort, super, il n'y a personnes. Sauf que, en te rapprochant de l'entrée, le panneau suivant te trouble : "Pour raison de grève, votre Leader Price sera fermé ce samedi 3 février", tellement hanté par la haine, tu ne te poses même pas de questions, tu rentres chez toi. Arrivé sur le seuil, ta main se glisse dans la poche droite de ton jean afin d'attraper les clés, tu fais les gros yeux, la poche est vide. Alors tu rebrousses chemin, baisse la tête et cherche les clés, heuresement qu'elles étaient juste en bas de l'immeuble. La clé en main, tu l'enfonces dans la serrure, la tourne dans le mauvais sens et crak, cassée en deux. Tu sors aussi vite que possible ton portable de la poche et compose le numéro du serrurier pour entendre "Votre crédit est epuisé, merci de bien vouloir le renouveler avant le...", aussitôt raccroché, ton voisin, par chance, sort de chez lui, le suppliant de te laisser appeller, il accepte. Aprés 20 minutes d'attentes, le serrurier arrive et ouvre enfin la porte. Tu te précipites dans le salon pour t'emparer de ton CV de quelques lignes. D'ailleurs tu te demandes à quoi il sert, vu que ton nom et prénom figure déja sur ta carte d'identitée. Au passage, tu prends aussi les clés de la voiture. Tu es maintenant devant l'ascenseur, tu appuies sur le bouton à plusieurs reprises, rien ne ce passe, il est en panne. Enervé, tu descends les 6 étages à pieds. Tu es sur le parking, essouflé, tu cherches ta voiture, tu ne sais plus ou tu l'a rangée, pourtant, une Clio rouge sur un parking de 6 places, il faut être aveugle... Aprés avoir donné un coup de tête à gauche puis à droite comme si tu traversais la route, tu l'aperçois un peu plus loin, ouvres la porte, t'installes, enfonces la clé, la tourne à droite, enlève le frein à main, et là, le bruit que tu redoutais tant se fait entendre... rouinrouinrouinbeubeubeuuhhh... Désespéré, tu sors de la voiture, et [...]
Il est 16h44, hôpital "jaipasd'bol", 41ème arrondissement, choqué, tu demandes au médecin qui est prêt de toi qu'est ce que tu fais ici, il te réponds que tu as atterit ici suite à une hypoglycémie, en effet, tu n'avais rien mangé de toute la journée, tes Kellogs t'on sûrement manqués... *Portable qui sonne, tu décroches :*
- Allô
- Ouais Marion, c'est moi, Sebastien, écoutes, faut que j'te dise un truc...
- Oui je sais, tu m'aimes plus et tu casses ! C'est ça ?
- Comment tu sais ??!!
- Avec toutes les merdes qui m'arrivent aujourd'hui, ca pouvait être que ça !
- Franchement, je suis dé...
*Beeep, Beeep, Beeep...*
Sans parler du job que tu n'as pas eu suite à tes galères. Ce jour là, tu aurais mieux fais de rester au lit, enfin bref, tu as l'impression d'être un gaulois et que le ciel te tombe sur la tête...
On a tous vécu ce jour au moins une fois dans sa vie.